LES CONQUISTADORS DE L'OR ROSE


Comme d'habitude on se pointe trois heures après l'heure. Nous étions donc en avance sur notre temps. Une tension sexuelle hors du commun se dégageait de cet enclos. Bienvenue
sous les feux de la murge!
Pour dire vrai tout sonnait faux. Faux comme un lendemain de cuite sans fin, comme une murge dans une murge. La raideur de porc tombée dans mon bec. Tu vois le genre? Entre deux teilles une gerbe n'est pas un bouquet de fleur. La fureur d'être ivre! On se fait un cuiting de récupération.

L'un d'entre nous, tel un diable sortant de sa boîte, nous scande une partition dont nulle part vous ne trouverez la clef . Tantôt Jekyll, tantôt Hyde, il s'enferme dans sa voiture pour nous cacher sa transformation. Mais je dis "il" comme s'il était humain. Cet être n'a rien à voir avec le commun des mortels. C'est une machine, un robot. je dirai même plus : il se met dans la peau d'un robot. Tu lui sers du rouge? Malheureux! Ses articulations vont rouiller! Pauvre fou condamné à la consommation d'alcool extra fort. En ce qui me concerne je me rouille à la bière. Dans un même temps je respire un clopio empoisonné.

Pas de tricks superflus, il s'agit de se concentrer sur ses classiques. Ce que je fais ! Slice and soda.

Les morpions jadis judicieusement placés ont fait des petits, évidemment pas au bon endroit. V'la le Brazero dans de beaux draps, contraint de donner son corps avant son non. La technique est bien rodée. Moitié légume moitié raide, il se démène pour éviter les tentacules de cette méduse lubrique, préservant ainsi ce qu'il lui reste de dignité. MAIS OUI ELLE EN VEUT!!!!!!

L'atmosphère se débride. Les cadors tiennent leur rang. Le croupier dégoupille. Personne ne comprend ce que dit Poupy. Ce dernier dégaine une musique venue des enfers les plus lointains, c'est à dire de merde. Il faut changer cette diablerie! Daft Stef sait que sa boîte crânienne habite deux hémisphères cérébraux parfaitement fonctionnels, il est sur le coup. Doublé par Poulpi!!! Neiiiiiiin!!!!!

Abattons nos cartes! Quatre rois gisent sur la table. Selon les dires de la cartomancienne le weekend promet d'être raidoooosss! Faut pas gaffer! La ligne de conduite est tracée.

Tu sens cette main qui te prend? Elle t’amène surement vers l'horrible bout de verre contenant le contenu à 50°. La main me parle à présent. Je n'ai jamais entendu de tels mots. Cette beauté! Quelle saveur! Je me délecte! Merde! Je chiale? Non. C'est que je reçois les postillons de la conversation bégayante entretenue avec un leader prince des raides.

La soirée est multitache. J'en appelle à mon pote Mr Propre histoire de me nettoyer le tube digestif. Bocs sur bocs, remplissent la table et vident nos restes de cervelle. On est en plein IVème Reich!!! Je vois en reptile filiforme, accélération de parties fines. Mon seul allié dans ce monde perdu est un fer de lance d'une cause perdue.

L'horloge tourne à l'envers. L'espace-temps coule dans un cendar. A contre-courant comme marque de fabrique. Le bouillon naît des cendres fumantes des enfants qui ne boivent que pour boire.

On filtre cette merde et on se retrouve dans un nectar de bordée. Le temps avance. Tout se passe comme prévu. Gros bisous. 




ODE A LA CONNERIE


À vrai dire je serais franchement resté chez moi. L'ennui ne m’ennuie pas, et toi mon frère? Si tu ne sais pas où tu vas reste où tu es. J'aime m'occuper de ce gras qui me sert le bide et j'irai bouffer des cœurs dans ma prochaine vie. Seul dans ma chambre, un bock de bière et des chips devant l’énième match du mondial, quelle bande de cons troubadours ! Cultiver sa foi au nom de la cirrhose. Donne moi un papier un crayon que j'te chie un schéma !



J'aurai dû rester chez moi, il n'y aurait pas eu autant de liche sur mes pompes et autant de sable dans mon plum'. Et je serais allé me coucher sans y penser. Bien en sécurité dans mon confort. Tripotez-vous la nouille ! On a trop d'une vie pour se préparer à l'éternité, t'y crois à ça ? La connerie est la forme supérieure de la lucidité. Le réveil midi, pas d'appel, rien à faire, rien à foutre, tant mieux ! Finir la journée seul au pieu, le pied ! Finir sa vie seul au pieu, pour le reste kifer la routine ! Et s'emmerder bien ferme sans orgasme. Avec certains c'est toujours jamais et jamais toujours. 



Qu'est que j'ai foutu bordel ? La roue tourne ? Trois fois cinq tours de rond point, est-ce la raison de ma nausée ? Ou bien ce rouge bouchonné à quatre du mat' ? J'ai vu des gars aller se baigner à la belle étoile, bien sûr qu'ELLE EST FROIDE !!! Au bar y'a des ricards cœur de lion ! Je me suis fait prendre dans la débilité ! Il ne s'agissait pas d'une valse dans les sous-bois ambiance Moyen Âge mais bien d'une crise qu'un épileptique ne mimerait pas mieux ! Allez allez ! Je transforme mon argent en or liquide. La bière philosophaaaaale !!! Une tripottée de demi siphonnée, laissés pour morts au bord du comptoir. La tise fera de mes souvenirs prochains des bouts de veilles passées. Aucun tacos ne nous transportera vers une autre chaumière. Et l'autre qui roupille ! On a tout essayé, sans rire ! Et qu'on ne me parle pas de flicaille dans ces conditions ! Aucun chauffeur de bus dans l'assemblée ? Merde à eux ! Okay j'suis K .O. En perdition totale! Je me retrouve quand même en bord de plage avec deux têtes ivres dans mon rétro ! Et cette lune qui rayonne, autour le goudron nous coule dessus. Les baffles crachent, on va niquer la batterie c'est certain ! Allons enfant de la party ! Quand on tripe au-delà des nuages il faut s'attendre à des turbulences.  



Un mouton blanc saute par-dessus un autre mouton non moins blanc. Les deux têtes bêlent dans la flotte, un loup sur la berge rit. Et toujours les baffles à fond. Tu démarres à combien de bpm ? Tu turbines à combien de bpm ? Tu t'exprimes à combien de bpm ? Pffff ! Okay ! Laisse-moi m'oublier un peu, quelques temps. Laisse-moi aspirer la substantifique moelle de cette nuit. Avant que tout ceci ne m'explose à la tronche comme la plus criante des criantes vérités jamais criées. À vrai dire je serais resté chez moi sans croiser la route de ces jozs fondamentalement archis. Je me serais endormi sans même y penser. On n'est pas né pour être beau. 


LETTRE OUVERTE A DIDIER DESCHAMPS


Déception. C'est le mot d'ordre qui reste planté dans les têtes des supporters français ce soir. On y a cru, on pensait que notre petit génie de Paul Pogba transpercerait les lignes allemandes comme une revanche de la blitzkrieg sur la ligne Maginot, on ne l'a pas vu. On voyait le soldat Matuidi fusiller un à un ses vis à vis, échec. On imaginait Cabaye déstabiliser l'arrière garde schleu par son jeu long "pirlesque", de nouveau, c'est une déception. Les allemands, habités par la certitude de l'expérience, ont toisé notre jeune équipe sans jamais s'affoler, comme on regarde les nouveaux entrants au collège, du haut de notre statut de troisième aguerri. Le match n'a pas vraiment eu lieu et lorsqu'en deuxième mi-temps, le vent a semblé tourner, que la France a tenté de mettre le pied sur le ballon, que les jeunes pousses ont esquissé un semblant de révolte, Didier, le pacha de cette bande de rookies aux dents longues n'a pas su insuffler la niaque nécessaire pour ébranler le mur allemand, Neuer lui-même n'a pas eu besoin de jouer libéro !

Didier, tu peux te mordre les dents après ce soir. Karim le fer de lance a été éteint par le roc Hummels et dégouté par le blindage de Neuer. Evra, l'ancien enfant terrible aurait du être puni, et ce malgré la confiance réciproque entretenue par les deux hommes, après son non-match face au nigéria, il a été une nouvelle fois trop timoré devant les assauts allemands, pas assez combatif ni volontaire dans les phases offensives, je le plains encore, et j'aurai espéré l'apparition de Digne, ce jeune loup plein de vivacité. Il est facile de critiquer après, mais il est certain que ce petit plus, cette étincelle qui sublime le collectif que l'on a adoré après la performance contre l'Ukraine, et que l'on a vénéré lors du diner suisse, ne s'est jamais allumée ce soir. Il était temps de poser tes couilles sur la table Didier, je l'ai attendu, en vain. Jamais tu n'as remis en question le 4-3-3 qui n'a su prendre l'ascendant psychologique, qui s'est cassé les dents sur la sérénité teutonne. Pourquoi pas la folie de Cabella ? au lieu du timide Rémy, à l'apport totalement nul ce soir. Pourquoi pas l'impact de Sissoko pour prendre le relais d'un Matuidi au volume inexploitable dans ce match à faux rythme ? Un Valbuena en numéro dix n'aurait-il pas été le poison idoine face à ce solide milieu étiqueté Bayern et rompu aux joutes de la Bundesliga ? Trêve de palabres, ces questions resteront sans réponse, mais nous nous les sommes posées, et le temps viendra résoudre l'équation car cette équipe est vouée à bien grandir.

Désormais, même si la digestion de cette défaite sera difficile, au vu d'un match terni par le résultat frustrant, ce petit score qui ne nous empêche pas de refaire le match à coups de "et si..." Nous avons confiance en toi Didier. Tu a su faire vivre un collectif, une équipe véritable qui, avec ses moyens, dont le potentiel dépasse les performances actuelles, nourrit d'espoirs tous les supporters français, dont l'amertume tenace après les échecs internationaux récents, s'était estompée le temps de cette compétition, on a vu l'émergence d'un bloc-équipe si cher à Aimé Jacquet lors de notre dernière campagne victorieuse, et on a rêvé Didier, devant nos écrans, tendus comme des strings pendant 79 minutes face au Nigéria, même sans être souverains, il y avait quelque chose d'attachant, de prometteur, une vibration qui nous faisait songer doucement au cocorico final...

Enfin, on peut féliciter l'Allemagne, cette force tranquille qui a paru se reposer de son match à rallonge face à l'Algérie, en souhaitant qu'elle aille le plus loin possible pour qu'on puisse dire qu'on a perdu face au champion en titre. On suivra la suite de la compétition avec un oeil autre, moins passionné, légèrement amer, mais avec le sentiment qu'un destin glorieux nous attend, car il nous faut être les supporters dont l'équipe de France a besoin : des supporters qui ne jugent pas, qui laissent de côté la tradition franco-française de la critique et de la rationalisation permanente pour un monde qui la réfute absolument (sinon le Costa Rica ne serait pas en demi-finale), afin de faire germer chez nos bleus le sentiment de confiance qu'il a été difficile de leur accorder précédemment.

on se donne rendez-vous en 2016 à la maison Didier, toi et ton équipe sur le terrain, nous aux abords, prêts à terrasser les visiteurs malotrus qui songerait à étouffer notre rêve bleu. A très vite, en attendant, on va fêter cette épopée inachevée autour d'un schnaps. Bon vent, et auf wiedersehen mien coach !

Les supporters françois.